Les Pépites du Monde

Plages secrètes du Portugal : le guide des criques à couper le souffle

Après des années à arpenter le littoral, j'ai déniché les plus belles plages méconnues du Portugal, loin des foules de l'Algarve. De la côte Vicentine sauvage aux trésors du Nord, voici mon carnet d'adresses secret pour des criques désertes et des sentiers oubliés des guides.

Plages secrètes du Portugal : le guide des criques à couper le souffle

Les plus belles plages méconnues du Portugal : mon carnet d'adresses après des années de repérages

Il est 8 heures du matin, le sable est encore frais sous mes pieds et la seule présence humaine à des kilomètres à la ronde, c'est un pêcheur qui remonte ses filets. Je suis à des centaines de kilomètres des falaises orange de l'Algarve, là où les guides touristiques ne vous emmènent jamais. Vous cherchez les plus belles plages méconnues du Portugal ? J'ai arpenté ce littoral pendant des années, vérifié des dizaines de pistes, suivi des sentiers qui semblaient mener nulle part. Et franchement, la plupart des listes que vous trouverez en ligne répètent les mêmes noms. Voici autre chose.

Le Portugal possède près de 830 kilomètres de côtes. Les trois quarts des visiteurs se concentrent sur l'Algarve, un chapelet de criques superbes, mais saturées de juin à septembre. La bonne nouvelle, c'est que le reste du pays regorge de trésors. Certaines de mes découvertes favorites n'ont même pas de parking aménagé.

Points clés à retenir

  • La côte Vicentine, dans l'Alentejo, offre les plus belles plages sauvages d'Europe — mais l'accès est parfois un vrai parcours du combattant, et c'est précisément ce qui en fait son charme.
  • Le littoral nord, entre Espinho et Viana do Castelo, est ignoré par 90% des touristes étrangers, alors que ses plages sont superbes.
  • L'arrière-saison (septembre-octobre) est le moment idéal : l'eau est encore à 19-20°C et les sentiers sont déserts.
  • Beaucoup de ces plages sont dans des parcs naturels : on y vient les pieds nus, on repart avec ses déchets. Point final.
  • Les hébergements à proximité sont souvent de petits villages typiques, plus authentiques que les stations balnéaires.
  • En dehors de l'Algarve, prévoyez un véhicule : les transports en commun desservent très mal les zones les plus reculées.

L'Alentejo et la côte Vicentine : le vrai visage sauvage du Portugal

Quand j'ai commencé à explorer cette zone il y a quelques années, je n'avais aucune idée de ce qui m'attendait. La première fois que j'ai vu Praia do Amado, j'ai cru avoir fait une erreur de navigation. Un parking sommaire, un sentier qui descend à travers les rochers, et soudain, une étendue de sable immense encadrée par des falaises abruptes. Pas un seul bâtiment en vue.

C'est le paradis des surfeurs, certes, mais pas seulement. La particularité de cette plage, c'est qu'on peut marcher des heures sans croiser une serviette. L'eau est fraîche — avouons-le, l'Atlantique ici ne ressemble pas à la Méditerranée — et les vagues sont impressionnantes.

La côte Vicentine s'étend sur environ 100 kilomètres entre Porto Covo et Sagres. C'est la zone la plus préservée du pays, protégée par le parc naturel du sud-ouest alentejano. J'y retourne chaque année, et je constate la même chose : moins de monde que sur n'importe quelle plage de l'Algarve, même en plein mois d'août.

Praia do Amado : comment s'y rendre sans se perdre

L'accès se fait par la route nationale N120, puis une route secondaire bien indiquée depuis Vila do Bispo. Comptez environ 15 minutes de route sinueuse. Le parking est payant en été, mais le prix est modique.

Le problème, c'est que la descente peut déstabiliser ceux qui ne sont pas habitués. Le sentier est rocailleux, parfois glissant quand il a plu. Mais la récompense vaut largement l'effort : une plage de 700 mètres de long, adossée à une falaise où nichent des oiseaux marins.

Mon conseil : venez-y en septembre. L'eau est encore bonne, le soleil tape encore, mais les touristes sont repartis. J'y ai passé des journées entières à ne croiser que des pêcheurs locaux.

Praia do Bordalo : l'immensité sans les foules

Plus au nord, entre Porto Covo et Vila Nova de Milfontes, Praia do Bordalo est une de mes découvertes les plus récentes. Pour être honnête, je l'ai trouvée par pur hasard en suivant un panneau à moitié effacé.

La plage s'étend sur plus d'un kilomètre, bordée de dunes et de pins parasols. Il n'y a aucun équipement : pas de restaurant, pas de douche, pas de location de transats. Juste du sable, de l'eau et du vent. C'est exactement ce que je recherche quand je veux décompresser.

L'accès se fait à pied depuis un petit parking au bout d'une piste forestière. Le sentier de 400 mètres traverse une zone de dunes protégées. Un conseil : restez sur le chemin balisé. La végétation est fragile et les tortues caouannes viennent pondre sur certaines plages de la région pendant l'été.

À moins d'une heure de Lisbonne : des plages quasi secrètes

L'idée qu'il faille s'éloigner de la capitale pour trouver des plages isolées est un mythe que je me plais à démolir régulièrement. La côte au nord de Lisbonne, la Costa de Lisboa, offre des options étonnantes.

Prenez Praia do Magoito, par exemple. Située dans le parc naturel de Sintra-Cascais, à seulement 40 minutes de Lisbonne en voiture, elle reste largement ignorée des circuits touristiques. Pourquoi ? Parce qu'elle est entourée de falaises abruptes et qu'il faut descendre un escalier de... disons, un nombre conséquent de marches pour y accéder.

Mais c'est précisément cette difficulté d'accès qui la protège. L'eau y est très claire, le sable plutôt doré, et les formations rocheuses en font un terrain de jeu magnifique pour les photographes.

Praia da Adraga : le caractère brut de l'océan

À quelques kilomètres au sud, Praia da Adraga a longtemps été mon refuge préféré le week-end. Le contraste entre le sable fin et les énormes blocs de basalte noirs est saisissant. Quand la mer est calme, on peut explorer les grottes à marée basse. Quand elle est agitée, le spectacle des vagues s'écrasant contre les rochers est tout simplement spectaculaire.

Le restaurant au-dessus de la plage sert un poisson grillé excellent, et c'est l'un des rares commerces à des kilomètres à la ronde. Du coup, j'y vais souvent le midi, en évitant le week-end — les Lisboètes ont eux aussi découvert l'endroit, et la foule peut y être conséquente le samedi.

Praia do Ribeiro do Cavalo : l'effort qui vaut le coup

C'est la plus difficile d'accès de cette sélection, et de loin. On y accède uniquement à pied, par un sentier de randonnée d'environ 45 minutes depuis le village de Sesimbra. La descente est parfois raide, le soleil tape fort en été, et il n'y a aucune ombre sur le chemin.

Mais quand vous arrivez en haut de la falaise et que vous apercevez cette crique d'eau turquoise entourée de rochers dorés, vous comprenez pourquoi les habitants la gardent jalousement secrète.

Le détour par le restaurant de la plage est un non-sens : il n'y en a pas. Il faut apporter son eau, sa nourriture et évidemment repartir avec ses déchets. En contrepartie, vous aurez une expérience que les clients des stations balnéaires ne vivront jamais. L'eau est d'une clarté exceptionnelle, parfaite pour le snorkeling quand la mer est calme.

Le Nord du Portugal : un littoral méconnu qui mérite le détour

Quand on parle des plus belles plages du Portugal, le Nord est systématiquement oublié. C'est un tort, car cette région offre un littoral d'une beauté différente, plus vert, plus sauvage, plus nordique en somme.

Les plages du Minho, près de Viana do Castelo, sont baignées par des eaux fraîches mais très propres. Les fonds marins y sont riches, et les zones de surf attirent une communauté locale fidèle.

Praia de Âncora : la vague des locaux

J'ai passé un été entier à tester la pratique du surf sur cette plage, avec une réussite mitigée — je suis un surfeur médiocre, soyons honnêtes. Mais la plage elle-même est superbe : un sable sombre et volcanique, des dunes sauvages et une vue imprenable sur la Serra d'Arga.

Le village de Vila Praia de Âncora est typique, avec son petit port de pêche et ses restaurants de fruits de mer. Les prix y sont bien inférieurs à ceux de l'Algarve ou de Lisbonne. J'y ai mangé des percebes — ces crustacés étranges accrochés aux rochers — pour la première fois, et j'en garde un souvenir ému, même si je n'ai jamais réussi à les ouvrir correctement.

Le surf, côté ouest : entre Espinho et Furadouro

Plus au sud, entre Espinho et Furadouro, le littoral est une longue plage de sable fin qui semble infinie. Les vagues y sont fortes, régulières, et la pratique du surf y est excellente. Les touristes étrangers la délaissent totalement, ce qui en fait un spot idéal pour ceux qui recherchent l'authenticité.

L'accès y est facile, la plupart des plages possédant des parkings gratuits. Les infrastructures sont minimalistes : quelques douches, parfois un snack-bar en été. Rien de plus. Et c'est tant mieux.

Carte des plages du Portugal : comment structurer votre itinéraire

Construire un circuit qui intègre ces plages méconnues demande un peu d'organisation. Voici comment je structure mes propres voyages, testé sur plusieurs saisons.

Le principal piège, c'est la distance. Le Portugal est un pays étroit mais long : compter environ 6 heures de route entre l'extrême nord et l'extrême sud. Impossible de tout voir en un week-end, évidemment.

Je vous recommande de choisir une région par séjour :

  • Le nord (Viana do Castelo, Espinho) : 3-4 jours, idéal pour le surf et les paysages verts, avec des températures plus fraîches
  • La côte de Lisbonne (Magoito, Adraga) : 2-3 jours, parfait pour rafraîchir un séjour urbain
  • Le parc naturel de Sesimbra (Ribeiro do Cavalo) : 1-2 jours, accessible depuis Lisbonne, magnifique et exigeant
  • L'Alentejo (côte Vicentine) : 5-7 jours pour profiter des plages et des villages

Attention, un point crucial : en dehors de l'Algarve, le réseau de transports publics est très limité. Autour de la côte Vicentine, le bus passe une fois par jour, quand il passe. Le loueur de voiture est votre meilleur allié. C'est aussi le plus flexible : vous pouvez vous arrêter à chaque point de vue, chaque sentier qui vous attire.

Quelle est la meilleure période pour éviter la foule ?

C'est LA question que l'on me pose le plus souvent, et ma réponse est toujours la même : l'automne. Septembre et octobre sont de loin les meilleurs mois pour profiter de ces plages.

Les températures restent agréables — comptez 22 à 27°C sur la côte sud — et surtout, l'eau est encore chaude. L'océan Atlantique accumule la chaleur tout l'été, et c'est en septembre que la température de l'eau atteint son maximum. J'ai mesuré 21°C à Praia do Amado une année, fin septembre. C'est rare et précieux sur cette côte.

Le vrai plus, c'est l'ambiance. Les touristes sont partis, les écoles ont repris, et les plages retrouvent leur rythme naturel. Les pêcheurs reviennent, les surfeurs locaux reprennent possession de leurs spots. C'est le moment où l'on vit le Portugal « réel ».

En revanche, évitez novembre à février. Les tempêtes atlantiques sont fréquentes, le vent peut être violent, et de nombreuses plages deviennent dangereuses pour la baignade. Le paysage reste impressionnant, mais l'expérience est résolument différente.

Y a-t-il des restaurants et des services à proximité ?

Spoiler : dans la plupart des cas, non. Et c'est précisément ce qui fait le charme de ces plages.

Prenons les trois régions évoquées :

  • Nord : quelques restaurants de plage en été, fermés hors saison. Les villages comme Vila Praia de Âncora offrent des options correctes toute l'année.
  • Zone de Lisbonne : Praia da Adraga a son restaurant. Magoito et Ribeiro do Cavalo n'ont rien du tout. Prévoyez un pique-nique soigné.
  • Alentejo : quelques bars de plage à Vila Nova de Milfontes et Almograve, mais rien sur les plages elles-mêmes. Les villages à l'intérieur des terres ont des cafés typiques où l'on boit un café serré et l'on mange un pastel de nata.

Franchement, cette absence d'infrastructure est une bénédiction. Elle décourage les foules et préserve l'environnement. Mon rituel : je prépare un sac isotherme avec de l'eau, des fruits, du pain, du fromage et quelques conserves de poisson portugais. C'est simple, économique et parfaitement adapté.

Ces plages sont-elles adaptées aux familles et aux sportifs ?

La réponse varie considérablement d'une plage à l'autre. Je vais être direct : certaines de ces plages ne conviennent pas du tout aux jeunes enfants.

La plage de Ribeiro do Cavalo, par exemple, exige une marche de 45 minutes sur un sentier inégal. Avec une poussette, c'est mission impossible. Avec un enfant qui marche, c'est compliqué. La baignade y est également déconseillée en raison des rochers et des courants.

À l'inverse, Praia do Magoito, une fois la descente effectuée, offre une zone de baignade plus tranquille, surveillée en été. Le sable est propre, adapté aux châteaux de sable et aux jeux. C'est un bon compromis pour les familles qui souhaitent éviter les plages bondées de Cascais.

Pour les sportifs, le choix est plus simple :

  • Surfeurs débutants : Praia de Âncora, mais prenez un cours auprès de l'école locale. Les vagues sont puissantes.
  • Surfeurs intermédiaires : Praia do Amado, le spot le plus régulier que je connaisse.
  • Randonneurs : les sentiers de la côte Vicentine, avec des étapes qui relient les plages entre elles. Le sentier historique des pêcheurs offre des panoramas incroyables.
  • Nageurs en eau libre : Praia do Bordalo, quand la mer est calme, ou la grande plage d'Espinho.
  • Plongeurs : les criques de Sesimbra, avec ses grottes et ses tombants rocheux, réservent de belles surprises.

Il est important d'être honnête sur les risques : l'Atlantique portugais est puissant. Les courants de baïne surprennent chaque année des baigneurs. Renseignez-vous sur les drapeaux de baignade et, en dehors des zones surveillées, soyez extrêmement prudent. Cette prudence n'est pas une option, c'est une condition pour profiter durablement de ces lieux.

Où dormir à proximité de ces plages ?

L'hébergement est presque aussi important que la plage elle-même. Un mauvais choix peut gâcher l'expérience. Voici mes adresses testées et vérifiées :

Alentejo : le village de Vila Nova de Milfontes est le meilleur camp de base. J'y ai logé dans une casa typique, avec un petit jardin rempli de bougainvilliers. Les prix sont raisonnables hors saison. Alternativement, le camping de Porto Covo est simple mais charmant, à 200 mètres de la plage. Zone de Lisbonne : la ville de Sesimbra est l'option la plus pratique pour Ribeiro do Cavalo. C'est un village de pêcheur qui s'est développé, mais qui garde une âme authentique. Pour Magoito et Adraga, le village de Sintra est proche, mais cher et saturé. Je préfère Almoçageme, un village agricole tranquille à quelques minutes des plages. Nord : la ville de Viana do Castelo est une belle option culturelle, mais à 20 minutes des plages. Pour l'authenticité totale, le petit village de Âncora est imbattable. Pas de grand hôtel, mais des maisons d'hôtes et des chambres chez l'habitant.

Mes conseils pour bien choisir :

  • Réservez à l'avance en été, même dans les petits villages — ils se remplissent pendant la saison
  • Vérifiez la présence d'un parking sécurisé si vous louez une voiture
  • Optez pour un hébergement avec kitchenette : les restaurants sont rares ou fermés hors saison
  • Évitez les hôtels de standing affichant « spa » et « piscine » : vous aurez l'océan à deux pas, l'argent économisé servira à mieux manger

Le réflexe essentiel : le respect absolu de ces lieux

Ces plages sont belles parce qu'elles sont préservées. La plupart sont situées dans des parcs naturels et certaines zones sont strictement protégées. Les règles y sont simples et non négociables : ne marchez pas sur les dunes (la végétation y est fragile et met des décennies à se régénérer), ne dérangez pas la faune, et rapportez tous vos déchets avec vous.

Il m'est arrivé de voir des groupes de touristes inconscients laisser des détritus derrière eux. Les locaux qui les voient ne l'oublient pas. Ils généralisent, et c'est toute la communauté qui pâtit de ces comportements. Nous sommes des hôtes en visite : agissons comme des invités respectueux.

La question n'est pas de savoir si vous pouvez camper sur ces plages — la plupart l'interdisent. C'est de savoir si vous voulez que ces lieux soient encore intacts dans vingt ans. La réponse est dans vos actes du moment.

Le vent souffle fort sur la côte Vicentine, l'océan roule ses vagues contre les falaises, et le soleil descend lentement à l'horizon. C'est ce que je viens chercher ici, aux confins de l'Europe, loin des routes balisées. Ces plages méconnues du Portugal ne demandent qu'à être découvertes — mais de la bonne manière, celle qui laisse des traces légères.

La plus belle d'entre elles ? Celle que vous découvrirez par vous-même, au détour d'un sentier, sans que personne ne l'ait recommandée. Et quand vous la trouverez, gardez-en le souvenir précieusement. Mais ne la mettez pas sur Instagram avec la géolocalisation. Certains secrets méritent de le rester.

Fanny Gauthier

Fanny Gauthier

Fanny Gauthier est une experte reconnue des destinations européennes, spécialisée dans l'art de voyager en famille tout en découvrant la gastronomie locale et les hébergements insolites. Passionnée par les expériences authentiques, elle guide les voyageurs vers des aventures mémorables qui allient culture, saveurs régionales et lieux d'exception. Son approche privilégie les rencontres humaines et la découverte des traditions culinaires qui font l'âme de chaque région.

Voir tous les articles →

Articles similaires