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Que faire à Faro en trois jours : le guide pour un séjour parfait

Faro n'est pas une simple salle d'attente d'aéroport : accordez-lui trois jours et la ville se révèle, entre vieille ville, lagune de Ria Formosa et villages alentour. Voici pourquoi elle mérite bien plus qu'une nuit.

Que faire à Faro en trois jours : le guide pour un séjour parfait

Faro, on y débarque presque tous par accident. L'aéroport est à dix minutes du centre, les vols low cost y atterrissent en masse, et la moitié des voyageurs file directement vers Lagos ou Albufeira sans même poser le sac. Moi, la première fois, j'ai fait exactement ça. J'ai pris un bus pour l'ouest en moins d'une heure, et j'ai mis deux ans à revenir.

Quand je suis enfin resté, j'ai compris mon erreur : Faro n'est pas une salle d'attente. C'est une petite ville qui se donne à voir si on lui accorde trois jours. Pas moins. En deux jours, on court, on coche la Cidade Velha et une plage, et on repart avec l'impression d'avoir survolé. En trois jours, on a le temps de prendre le rythme de la lagune, de comprendre où l'on met les pieds.

Points clés à retenir

  • Faro se visite bien en trois jours : un jour pour la vieille ville, un pour Ria Formosa, un pour les villages alentour.
  • La ville n'a rien d'un piège à touristes. C'est une vraie ville portugaise, avec ses habitants et ses prix normaux.
  • Une voiture est utile pour les excursions mais pas indispensable : trains et ferries font le gros du travail.
  • Le printemps et l'automne offrent le meilleur compromis météo/affluence.
  • Comptez des journées à pied, prévoyez des chaussures plates : les pavés de la vieille ville sont traitres.

Pourquoi trois jours à Faro sont le bon calibre

La question qu'on me pose le plus souvent : « Est-ce que ça vaut le coup de visiter Faro ? » Et à chaque fois, je réponds oui, mais avec un gros bémol dans la voix. Oui, ça vaut le coup — à condition d'y rester plus d'une nuit. La majorité des voyageurs lui accordent quelques heures, le temps d'un déjeuner, et repartent en disant que « ce n'est qu'une ville d'aéroport ». Franchement, on ne peut pas leur en vouloir si la ville n'a pas dix jours pour se défendre.

Trois jours, c'est le chiffre qui laisse de la place à l'imprévu. Un jour pour la ville, un jour pour la lagune, un jour pour sortir. Vous pouvez toujours faire plus court, ou plus long, mais c'est là que ça respire.

Combien de jours faut-il pour visiter Faro ?

Pour visiter Faro sans courir, trois jours est l'idéal. Un jour suffit pour le cœur historique ; deux jours couvrent la ville et une moitié de plage ; quatre jours permettent d'ajouter une vraie seconde excursion. En un seul jour, vous verrez l'essentiel de la Cidade Velha et une marina, c'est tout. Si vous avez une semaine, en revanche, Faro devient une excellente base pour rayonner dans tout l'Algarve — je détaille ça plus bas.

Jour 1 : la Cidade Velha et le cœur de Faro

Le premier jour, on ne réserve rien. On marche. Le centre de Faro tient dans un mouchoir de poche, et c'est justement l'une de ses qualités : presque tout se fait à pied, sans plan, en se laissant porter par les ruelles. Le seul vrai piège, ce sont les pavés — ils sont doux comme du savon mouillé quand il a plu.

Jour 1 : la Cidade Velha et le cœur de Faro

L'Arco da Vila et les cigognes

L'entrée de la vieille ville, c'est l'Arco da Vila, une porte monumentale du XVIIIe siècle qui vous crache dans le quartier médiéval. Au-dessus de l'arche et sur le clocher de la cathédrale, des cigognes nichent au printemps. Ça fait un bruit de castagnettes dès le matin. J'avais lu ça quelque part avant de venir et je n'y croyais pas trop ; le spectacle est pourtant bien réel, et un peu surréaliste. La cathédrale elle-même (Sé) se visite, et l'on peut monter dans le clocher pour une vue sur les toits et la lagune. Ça ne vous prendra pas une demi-journée, comptez une petite heure.

Flânerie dans les ruelles, musées et place

Après la cathédrale, redescendez vers le Largo da Sé et les rues adjacentes. C'est là que se trouve le musée municipal, logé dans un ancien couvent, qui raconte l'histoire de la ville et son passé romain — à réserver pour un jour de pluie ou pour les amateurs d'histoire locale. En fin d'après-midi, rejoignez la marina et la place principale pour un verre. Voilà le programme du premier jour, et il est volontairement léger.

  • Le matin : l'arche, les cigognes, la cathédrale et son clocher.
  • La fin de matinée : les ruelles de la Cidade Velha, sans itinéraire.
  • Déjeuner : une tasca discrète, pas un restaurant à touristes sur la marina.
  • L'après-midi : musée municipal ou simple sieste sous un oranger.
  • Le soir : verre face à la marina, dîner de poisson grillé.

Jour 2 : Ria Formosa et les îles de sable

Le deuxième jour, on quitte la ville pour la lagune. La Ria Formosa, c'est une réserve naturelle qui borde Faro sur plusieurs kilomètres — un dédale d'îles et de bancs de sable séparés par des chenaux, avec des flamants roses et des quantités d'oiseaux que même moi, piètre ornithologue, je reconnaissais. Le meilleur moyen d'y entrer : un bateau depuis la marina.

Jour 2 : Ria Formosa et les îles de sable

Ferries et prix : ce qu'il faut prévoir

Depuis le port de Faro, des bateaux relient plusieurs îles de la lagune, dont les îles de Farol et Deserta. Les traversées sont courtes — une vingtaine de minutes pour les plus proches. Le prix, de mémoire, tourne autour d'une dizaine d'euros par personne l'aller-retour, mais je vous invite à vérifier les tarifs à jour sur place, car ils bougent d'une saison à l'autre. Les billets s'achètent aux guichets du port, pas besoin de réserver des mois à l'avance, sauf en plein mois d'août où les bateaux se remplissent vite.

Île Traversée Profil
Ilha de Farol Courte Plage, phare, quelques restaurants
Ilha Deserta Un peu plus longue Très sauvage, un seul établissement
Culatra Moyenne Village de pêcheurs, pas de voitures

Et s'il pleut ou s'il fait trop chaud ?

C'est la question que personne ne pose dans les guides, et pourtant. En été, l'après-midi sur une île sans ombre peut être éprouvant ; partez tôt le matin et rentrez avant midi. En hiver, les bateaux continuent de circuler mais l'expérience est plus sportive — vent, embruns, et peu de monde. Si la pluie s'invite, rabattez-vous sur les musées, la cathédrale, et une longue pause café dans la vieille ville. Rien de dramatique, la ville reste vivante même sous un crachin.

Jour 3 : les plus beaux villages autour de Faro

Le troisième jour, on sort de la ville. Et là se pose la question du transport : faut-il louer une voiture ? Ma réponse, franche : pour un jour d'excursion, non. Le réseau de trains et de bus régionaux fait très bien le boulot pour les villages proches, et une voiture ne se rentabilise que si vous rayonnez plusieurs jours. J'ai testé les deux, et je réserve la voiture aux séjours d'une semaine.

Quel est le plus beau village autour de Faro ?

Le plus beau village autour de Faro, à mon avis, c'est Tavira. À une petite demi-heure en voiture (ou accessible en train/bus avec un peu de patience), ce village blanc surplombe le fleuve Gilão, relié par un pont romain en arc. On y mange bien, on y flâne lentement, et l'église de Santa Maria vaut un arrêt. C'est moins couru que les villages de l'ouest, plus authentique aussi. En alternative plus proche : Olhão, à dix minutes, avec son marché de produits de la mer et ses ruelles blanchies à la chaux. Et si vous voulez de la nature brute, les plages de l'île de Tavira (accessible en ferry depuis la ville) sont d'une beauté qui laisse sans voix.

Que faire à Faro et alentours sans voiture ?

Sans voiture, gardez Faro comme camp de base et jouez la carte du train. La ligne régionale relie Faro à Olhão, Tavira et d'autres villages de l'est, et les billets sont bon marché — quelques euros par trajet. Pour les îles, tout passe par les bateaux de la marina. Un séjour de trois jours sans voiture est parfaitement jouable ; c'est même, à mon sens, la façon la plus reposante de visiter la région.

Ce qui reste, une fois reparti

Faro ne crie pas. Elle ne vous en met pas plein la vue comme certaines villes portugaises qui jouent leur va-tout sur la carte postale. Elle vous laisse entrer, tranquillement, et c'est seulement au bout de deux ou trois jours que vous remarquez à quel point vous vous y sentez bien. Moi, la prochaine fois, je crois que je pousserai jusqu'à quatre jours — juste pour avoir le temps de retourner sur l'île Deserta un matin sans personne, et de m'y asseoir une heure de plus. Si vous passez par là avant moi, dites-moi ce que vous en avez pensé.

Vincent POIRIER

Vincent POIRIER

Vincent Poirier est un photographe de voyage et aventurier spécialisé dans l'exploration de l'Asie du Sud-Est. Passionné de trekking et de randonnées hors des sentiers battus, il partage son expertise à travers des récits visuels qui célèbrent la beauté des paysages asiatiques tout en promouvant des pratiques de voyage responsables et respectueuses des communautés locales.

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